Banalité Pâtissière

J’ai toujours eu d’immenses difficultés à me faire comprendre du reste de l’humanité, et il me faut admettre que c’est là une de mes plus grandes frustrations. Pour chaque phrase que je prononce, la réaction de l’être humain avec lequel je tente d’établir une communication constructive n’est que très rarement celle que j’attends.

Tout petit, déjà, lorsque je traversais la rue qui séparait la maison de mes parents et cette boulangerie dont le nom m’échappe à présent, j’essayais de me conformer à la norme sociale, et demandais, avec la politesse la plus exagérée, une viennoiserie quelconque. Et à ma grande surprise, la tenancière de cet établissement, tout aussi avenante fut-elle, me pressait, à chaque fois, de préciser à quelle pâtisserie je faisais allusion, ne comprenant pas que si je demandais une viennoiserie, il était plus qu’évident que je ne savais pas laquelle prendre, et que je me fiais à son jugement, sans doute plus aiguisé Lire la Suite

Tempête dans un cœur d’eau

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Une jeune fille s’avance. La première chose que je remarque et qui fait naître en moi comme un frisson, frais sans être froid : ses cheveux de feu, qui contrastent sensiblement avec ses yeux océan. Cette jeune fille (cette jeune femme, en réalité), mérite sans doute que nous nous attardions un peu sur ce qui, dans son apparence, fait d’elle la personne que tout un chacun s’accorde à qualifier de charmante (certains vont jusqu’à jolie). On dirait presque une lutine mutine avec son sourire espiègle s’étirant d’un côté à l’autre de son visage un peu rond, qui, s’il n’est plus poupon, dégage encore comme une sorte de candeur, celle de l’enfance qui refuse de mourir, et qui se cache dans chaque détail de son être. Dans la petite taille de celle qui n’a jamais voulu grandir comme dans cette excentricité contenue de l’enfant redessinant intérieurement le monde, qu’on lit dans sa manière de faire se balader au hasard ses yeux un peu hagards sur les gens qui l’entourent comme s’ils étaient des marionnettes se mouvant pour on ne sait quelle raison absurde.

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Erreur

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Zigzaguant résolument de Charybde à Scylla,
Zozotant les mêmes prêches imbus (en vérité) de visibles faiblesses
Il arrive que tantôt on se prenne un retour de bâton

Et invoquant vainement les dieux,
Semant la zizanie,
En cherchant à châtier les hyènes de fausses infamies,
Sans souci s’évertue le sage à tuer son ennui.

Mais mûrir n’est-il que mimer l’aménité,
Terrasser de tangibles instincts qui rendent timorés ?
Au moins, pour leur part, et rendons-leur ceci,

Les hyènes savent se tenir.

Croissance

FrereCrier, trembler,
Sourire.

Sévices du sablier,
Ouvrir.

Le maître-mot, déjà, jamais ?
Rugir.

Et dans les sombres allées,
Inspire.

Respire à nouveau les senteurs qui s’offraient
A nos jeunes années, stupides, déguenillées,

Grandir.

Contact

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Horizons et pierres précieuses
Emplis de promesses creuses
Ignorance lésée, blasée, laissée pour morte
Enlacée, drainée, porte jusqu’aux paroles
Tremblements stridents, épaules qui frissonnent
Pour plaire au papier, on parfait l’encrier

Insultes

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Elle s’élança hors de lui.
Créature immonde d’intolérances,
Flot assidu, vociférant sous ses pieds,
Fleuve furieux la poussant à fuir,
Avide de puissance.


Le silence fut sa seule parole,
Tant elle prenait de place.
Liant ses mots à l’odeur rance,
Des absurdités répétées.

Elle s’élance, sa horde luit
Sombre engeance
Dans la nuit

Créature

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Crois-tu, créature
Qu’il nous faille crier ?

Criais-tu, créature
Lorsqu’il s’est lancé ?

Il avouait son crime
En appelant à ton nom

Y crois-tu, créature,
Me crois-tu ?